Un répertoire hommage aux Jazzmen à soufflet.



    Si l'accordéon jazz est évident en France grâce à Gus Viseur, ses disciples et leur swing musette, il l'est moins pour la scène américaine. Pourtant, il est présent dès les débuts du swing grâce, entre autres, à Buster Moten dans l'orchestre de son frère Bennie (dans lequel débutera Count Basie) et Cornell Smelser qui enregistrera avec l'orchestre de Duke Ellington en 1930. De plus, l’accordéon est un instrument important des musiques Zydeco (ou Zarico) et Cajun originaires de Louisiane, état où se trouve la Nouvelle Orleans, berceau du jazz où toutes les musiques se rencontrent et se nourrissent les unes les autres. Plus tard, dans les années cinquante, ils sont nombreux, entre swing et cool, à utiliser le piano du pauvre : Marjorie Hyams dans le quintet de Georges Shearing, Ernie Felice qui a enregistré aux côtés de Benny Goodman, Joe Mooney et Art Van Damme ou l’injustement méconnue Alice Hall.

Malgré ce que pourrait en penser le saxophoniste Al Cohn qui a dit : « un vrai gentleman est un homme qui sait parfaitement jouer de l’accordéon et s’en abstient », le soufflet à bretelles a bien sa place dans l’histoire passée et présente du Jazz. Claude Nougaro avait raison, jazz et java ensemble, cela se fait.


    Sous la direction de Jérémy F. Marron et l’oreille avisée de Jean-François Bonnel, ce projet rend hommage à tous ces jazz d'accordéonistes. Son répertoire, composé d'arrangements empruntés et personnels, fait entendre une musique de concert comme de danse qui n'est pas prête de s'essouffler.




    L’orchestre s’adapte à tous les budgets ou envies. Il peut devenir un trio ou un duo pour des événements plus petits ou à l’inverse s’agrandir : l’ajout d’une batterie est par exemple possible pour accompagner les danseurs d’un bal swing, ou une guitare manouche peut se joindre à l’orchestre afin de rendre hommage au Quintet du Hot Club de France et d’évoquer la collaboration des guitaristes de jazz manouche Django Reinhardt et Matelot Ferret avec les accordéonistes Gus Viseur et Jo Privat.